Jean-Pierre GOUY   -   Maison de l'Imprimerie et du papier   - Les Bordes  F. 19700 Saint Clément   -   Tél./Fax : 05 55 23 18 02


   
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papier vergé, reliure, relieurs, collectionneurs livres anciens,amateurs de reliure XVII, XVIII ème siècle

 

  Je fabrique à la main, à l'ancienne des fac-similés de papiers XVI, XVII, XVIIIème siècle à partir de chiffons de coton ou de lin, de fibres neuves de coton, lin ou chanvre pour la restauration, la réfection des reliures et des gardes de livres anciens. Papiers neutres sans additif, de longue conservation, en format raisin (50x65cm).

   Plus de 20 sortes de ces papiers sont disponibles en petites quantités: 10 à 50 feuilles

entres autres, des papiers avec des vergeures ombrées type XVIème siècle, des vergeures sans ombre, papier fait main, qui apparaissent dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle et qu'on trouve  dans les livres au XIXème siècle et des velins faits main pour la restauration des livres XIXème.    

pour les passionnés de livres anciens:

la seule marque distinctive d'un papier antérieur à 1760 est la "vergeure ombrée"; par transparence, on voit une ombre le long du fil clair (fil de chaîne) qui est une marque que l'industrie ne peut pas reproduire. SEULE la fabrication à la main par un professionnel peut reproduire cette marque.
 
attention: des commerçants "s'amusent" à proposer des papiers qui n'ont rien à voir avec un fac-similé de papier antérieur à 1760 et trompent ainsi leurs clients mal informés.
 

PR: Papiers pour Restauration

  

  

 

 1- Garde Coton chanvre 130g

 2- PR1 sur forme 18ème siècle - 40x32cms - j'ai eu la chance de me voir prêter ce remarquable objet du 18ème pour fabriquer un papier vergé sans ombre.

j'ai, aujourd'hui, la possibilité de fabriquer des formats raisin pour restaurer certains livres fabriqués après 1760.

 3 - PR1 Vergeure large

 4 - PR4 en 70 et 110g

 5 - PR4B

 6 - Garde 4B - idem 5 en 120g

 7 - PR40

 8 - PR5 70g

 9 - PR5 100g

 10 - PR5 chiffon avec nuances gris ou beige

 11 - PR7

 12 - PR7 BU 75 et 105g

 13 - Garde chiffon

 14 - "Chine" vélin 30g - 48x60cm

 15 - Onglet 65g

pour la reliure ou l'édition, demandez des échantillons

 

            Quelques INFOS pratiques...

Des commerçants peu scrupuleux proposent au relieur amateur ou professionnel des papiers dits chiffons qu'on peut acheter "les yeux fermés" pour réparer, restaurer des livres du XVIème au XVIIIème siècle.

   - qu'est-ce qu'on appelle papier chiffon?

les papiers sont fabriqués jusque vers 1850 à partir de guenilles (j'emploie ce mot pour ne pas utiliser le terme de chiffon)  de lin ou de chanvre. Le coton n'arrive en Occident qu'avec la colonisation africaine. On ne jette pas un drap usé, on en fait des torchons qui deviendront plus tard des serpillères qui, trop usées partiront par l'intermèdiaire du chiffonnier au moulin à papier. Ces tissus sont lavés en lessiveuse, au delà des 90° actuels; ils sont mis à cuire comme on fait aujourd'hui pour le bois et les plantes qui servent à fabriquer certains papiers; la cuisson a pour effet d'éliminer dans l'eau certains composants de la plante, inutiles, nuisibles pour une bonne conservation du papier. Aujourd'hui, pour accélérer le processus, on utilise la chimie (les produits chimiques seront ensuite neutralisés).  Les cuissons successives des temps anciens aboutissaient à un résultat identique et les papetiers du XVIIème avaient une matière première exceptionnelle (ils ne le savaient pas , l'analyse n'existait pas...).

Aujourd'hui, le lin, le chanvre, destinés à la fabrication de papiers "contact alimentaire" sont des matières premières qui servent, avec le coton (pas de cuisson) à fabriquer des papiers dits chiffon; ce sont des fibres neuves utilisées non filées, non tissées. Les chiffons actuels contiennent des traces de lessive, probablement un petit pourcentage de fibres synthétiques, les rendant impropres à la fabrication de papiers de longue conservation.

   - pourquoi utiliser du papier fait à la main pour réparer, restaurer un livre du XVIIème, XVIIIème siècle? Quelle différence entre le ppaier appelé chiffon proposé par ces commerçants et un papier chiffon fait main?

      -  la fabrication de la feuille de papier: problèmes d'égouttage:

              les papiers des XVIème au XVIIIème siècle

Lorsqu'on regarde par transparence une feuille du XVIème ou XVIIème siècle (c'est devenu chez moi une "manie"), on aperçoit les vergeures -lignes parrallèles sérrées 8 à 12 au cm- et les fils de chaîne -espacés de 16 à 35 mm-. Autour des fils de chaîne, on voit une ombre... -non, rien d'inquiétant-, elle est due au tamis...

   vergé ombré

 

Le papier vergé est formé sur une toile faite de fils tendus -la vergeure- (généralement) dans le sens de la longueur du tamis, stabilisés et tenus entre eux par un ou deux fils de couture ou fil de chaîne et non pas pontuseau), cousu tous les trois ou quatre fils aux pontuseaux, baguettes de bois qui soutiennent l'ensemble du tamis et répartissent les forces lors du "couchage" (le papetier "couche" et ensuite "découche" tous les jours et plusieurs fois par jour....) de la feuille sur le feutre.

   forme vergée avec filigrane cousu

 

   envers: la couture des fils de chaîne aux pontuseaux

 

   endroit:la couture des vergeures et fils de chaîne

 

 

         "sous  la forme, l'égouttage" - on distingue les pontuseaux

 

  

Lors de l'égouttage, la plus grande partie de l'eau s'écoule horizontalement, suivant les fils du tamis; l'eau entraîne ainsi les fibres les plus courtes; lorsque le courant rencontre un obstacle, l'eau s'écoule alors verticalement. Ces fibres courtes s'accumulent alors le long du fil de chaîne, provoquant une sur-épaisseur qui forme l'ombre le long du fil dont le relief sur le tamis a pour résultat ce filigrane clair.

 

Quant à l'égouttage, plus le nombre de fils au centimètre est important (donc plus l'espace entre les fils est réduit), plus l'égouttage est rapide.

      

 

 

     

 

    

 

   

                                        merci à Chloé (10 ans) pour les photos qui précédent et  pour son coup d'oeil

 

Il peut arriver qu'il n'y ait pas d'ombre le long du fil de chaîne: ou bien c'est un papier fait à la machine (la vergeure ombrée est une preuve de papier fait main), ou bien c'est un papier fait main au XVIIIème siècle ou après -après 1760, on a cherché à améliorer la durée de vie des tamis en ajoutant une deuxième toile, très rigide, en support de la toile d'égouttage-.

   véritable tamis du XVIIIème siècle - le fil de chaîne est entre les pontuseaux

 

La toile d'égouttage est cousue à cette grille et le contact entraîne un égouttage vertical; il ne se forme donc pas d'ombre d'autant plus que le fil de chaîne n'est pas obligatoirement au dessus du pontuseau.

 

    on distingue entre les pontuseaux la couture du fil de chaîne au 2ème tamis plus grossier

 

    la toile support est cousue aux pontuseaux

 

Enfin, il m'est arrivé une fois de voir une ombre entre deux fils de chaine; cela indiquait alors qu'une seule toile composait le tamis mais que les pontuseaux étaient entre les fils de chaîne. Cette technique semble rare.

   un artisan n'est pas toujours un commerçant; il a un seul avantage sur le commerçant: il propose un article qu'il connait parce que c'est lui qui l'a fait.

   c'est pourquoi mes papiers ne sont pas vendus dans le commerce.

   je sais ce que je propose, encore pour quelques années.

 

 demandez les échantillons; les professionnels les reçoivent s'ils sont inscrits sur les annuaires; mais les particuliers, associations, amateurs de reliures nous sont inconnus (le prix de la feuille est le même pour tous - 9 € la feuille + port 10,50-- à partir de 10 feuilles: 7,70€ la feuille + port 10,50-)
 

le petit texte ci-dessus est une simple information; cela fait 32 ans que je fabrique du papier à la main; notre métier va disparaître, un peu victime de son histoire, un peu victime des histoires (belles pour les touristes), un peu victime des industriels (qui font croire qu'ils savent faire comme "autrefois") et des commerçants qui en sont dépendants, un peu victimes de nous-mêmes qui baissons les bras devant le touriste en se  disant que puisque c'est le dicours qu'il souhaite entendre, faisons lui croire que nous faisons comme autrefois.

En travaillant de plus en plus avec des professionnels (avec des amateurs curieux d'apprendre et de s'informer aussi), je retrouve de plus en plus le plaisir de créer avec eux et pour eux des papiers utiles à la conservation d'un patrimoine.

 

je fabrique un outil pour ceux qui ont envie de s'en servir, parce qu'ils ont un savoir-faire.

merci aux relieurs qui transmettent et qui forment des transmetteurs de l'information.



contact | email : jeanpierre.gouy@lespapiersdumoulin.com | webmaster
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