Filigranes et TransparencesSur le tamis, est cousu un fil qui, lorsqu'on forme la feuille, prend la place de quelques fibres et laisse ainsi sa marque dans l'épaisseur du papier, visible surtout par transparence. Est-ce parce que c'est un défaut de la feuille - l'art de faire du papier consiste entre autre à faire des feuilles régulières - que cette enseigne du papetier se veut discrète? Cette marque d'eau (en Anglais: watermark) raconte souvent une histoire, une sensibilité, se veut parfois ex-voto.
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Fabriano; filigrane daté de 1282
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Inconnu dans les papiers provenant d'Asie ou des pays Arabes, le filigrane apparaît pour la première fois en 1282 dans un papier fabriqué à Fabriano (en Italie, province d'Ancône). Les papetiers vont se créer chacun une marque, propre à leur moulin, souvent d'inspiration religieuse: ange, croix, aigle (de saint Jean), Agneau, coquille, ou d'inspiration militaire: flèche, épée, arc. Nous sommes à la fin du Moyen-Age et on puise dans les sources qui ont inspiré les sculptures des églises romanes.
Dés le début du XVe siècle, il fallut, pour réprimer les abus, codifier les formats des papiers. Peu à peu, les formats identiques furent marqués de filigranes identiques: cloche: 29 x 39 cm, couronne: 36 x 46 cm, raisin: 50 x 65 cm, jésus: 56 x 76 cm. Les papetiers ajoutèrent leurs initiales, suite à un édit d'Henri III [ il convient de préciser que lorsqu'on découvre des lettres à l'envers au milieu de lettres à l'endroit dans ces filigranes, c'est parce que ceux qui fabriquaient et cousaient les filigranes ne savaient pas lire ], puis la mention de l'année de fabrication devint obligatoire ainsi que celle de la qualité du papier - fin, moyen, bulle ou gros bon - à partir de 1742. |